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Edito

La loi des séries

Histoire de se projeter

par Emmanuel · 08 octobre 2026
Directeur de la publication
La loi des séries

Le marché français des séries est arrivé à maturité. La croissance ne se fera plus par la conquête de nouveaux abonnés, mais par la captation de ceux des concurrents. C’est désormais la fidélisation qui fera la différence.

Les offres avec publicité sont devenues le nouveau relais de croissance, ajoutant un écran de flou entre abonnement et télévision gratuite. Autre relais qui fait aussi son apparition, le merchandising à travers certaines séries bien ciblées. Bref, les heures de gloire avec budget illimité sont bel et bien terminées.

Aujourd’hui, on pense avant tout rentabilité, avec une tendance qui se dessine, celle de diminuer de moitié le nombre d’épisodes (mini-séries), soit 6 à 8 épisodes. Mais attention de ne pas trop penser rentabilité et cible au profit de la qualité notamment des scenarii, trouver le juste milieu n'est certes pas toujours facile. Netflix reste le leader du marché en France avec 23% Prime Vidéo juste derrière avec 20% , même si les deux ont légèrement reculé ils représentent 43% du marché mesuré par Justwatch.

Mais le phénomène émergent qui cartonne chez les jeunes (la cible des 15-25 ans, la plus impactée par les problèmes d’attention) nous vient de Chine avec les micro-séries, ou « Duanju », là l’épisode va de 60 secondes à 2 minutes, avec parfois 100 épisodes à la file, soit 1 h 40 avalée d’un trait, en format vertical sur smartphone.

Un marché qui gagne l’international, les studios Fox Entertainment s’y attellent, et ReelShort (application qui diffuse des Reels sur mobile) aux États-Unis prévoyait 400 nouvelles séries pour 2026. La France, elle, se heurte à sa réalité économique où les budgets sont quatre fois inférieurs aux standards internationaux et fait figure de parent pauvre, voire marginal, face à l’échelle industrielle chinoise et américaine.

Mais last but not least, cette semaine, Maxime Saada, président du directoire de Canal+, premier financeur du cinéma français, revenait sur l’intention du gouvernement de doubler la TVA sur la télévision payante, ce qui ferait perdre 200 millions d’euros à la chaîne cryptée.

Mis à part la répercussion sur les effectifs, ces 200 millions représenteraient les trois quarts de financements de films en moins. Canal+ France, étant à peine à l’équilibre, n’aurait pas d’autre choix pour survivre.

Où est l’exception culturelle française ? On espère un réel sursaut des pouvoirs publics pour ne pas binger plusieurs épisodes d’affilée d’une série noire dont la France se passerait bien.

Emmanuel Racca

(Source média leaderfr-FortuneBusinessInsignt)

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